Hier, après avoir vu Tadjadit Mohamed, au tribunal criminel d’Alger, je manquais de mots pour vous décrire l’état dans lequel il était physiquement.
Je savais qu’il avait perdu du poids et qu’il était affaibli par ses 10 jours de grèves de la faim, mais le voir de mes propres yeux m’a glacé le sang.
Le teint livide, blême, les joues creuses, mais prêt, une fois encore, à faire face.
Il nous souriait, pour essayer de nous rassurer,
Il n’était pas seul dans le box des accusés, 7 détenus étaient à ses côtés, trois autres comparaissaient libres.
L’état de Mohamed Abdellah, m’a aussi brisé le cœur, déjà condamné à perpétuité, il semblait n’être qu’un corps long et maigre, le regard si triste.
Le dossier porte apparemment le nom de Tadjadit Mohamed wa men ma3aho “محمد تجاديت و من معه”
Je laisse à chacun faire les déductions qu’il veut, mais pour moi ça sonne comme le titre d’une cabale qui cache à peine son nom.
Ça ressemble à une mauvaise recette de cuisine, ou l’on met tout et n’importe quoi, l’essentiel étant de servir quelque chose, une soupe froide comme celle servie à El harrach ou à berouaghia, avec beaucoup d’eau rien de consistant et de l’huile qui surnage.
الزغلي والما مام با يغلي
Le procès a été reporté à la prochaine session criminelle.
Mohamed Tadjadit comparaîtra, encore, le 17 décembre en cassation, cette fois, dans le dossier pour lequel il est condamné à 5 Années de réclusion criminelle.
Liberté aux détenus d’opinion
