Une vingtaine d’ONG ont jugé « sans fondement » les accusations visant celui qui est surnommé « le poète du Hirak » en raison des vers qu’il a déclamés lors des manifestations massives ayant ponctué le mouvement prodémocratie en 2019.
Ses soutiens le craignaient fortement : le militant algérien Mohamed Tadjadit, 31 ans, a été condamné, mardi 11 novembre, à cinq ans de prison pour apologie du terrorisme, a annoncé son avocate, Fetta Sadat. Celui qui est surnommé « le poète du Hirak » s’est fait connaître pour ses vers, déclamés lors des manifestations massives ayant ponctué ce mouvement prodémocratie qui a secoué l’Algérie en 2019, ou partagés sur Facebook.
Cette année-là, le Hirak avait éclaté en février, forçant le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, décédé depuis, à démissionner deux mois plus tard. Abdelmadjid Tebboune avait été élu au mois de décembre suivant. Progressivement, une interdiction des rassemblements justifiée par l’épidémie de Covid-19 et l’incarcération de figures de proue du Hirak ont étouffé la contestation à partir de mars 2020.
L’avocate de M. Tadjadit a déclaré, dans un message publié sur Facebook, que son client avait été notamment reconnu coupable de « soutien à des organisations terroristes » et de « propagation d’idées extrémistes ». Le ministère public avait requis une peine de dix ans d’emprisonnement à son encontre.
« Un signal alarmant »
Avant cette condamnation, dans une déclaration conjointe publiée lundi, une vingtaine d’ONG – parmi lesquelles Amnesty International et l’organisation de défense de la liberté d’expression PEN America – ont jugé les accusations visant Mohamed Tadjadit « sans fondement » et ont appelé à sa libération.
Sa « persécution (…) est fondée sur sa poésie et son militantisme pacifique, ce qui fait de son maintien en détention une violation de ses droits fondamentaux », ont-elles ajouté, affirmant que son procès envoyait « un signal alarmant à tous ceux qui élèvent la voix pour défendre les droits humains en Algérie ».
Les autorités ont emprisonné Mohamed Tadjadit au moins six fois entre 2019 et 2025, ont précisé les ONG. Sa dernière libération avait eu lieu en novembre 2024 après une grâce présidentielle. Arrêté de nouveau en janvier, il avait été condamné à cinq ans de prison dans une autre affaire, une peine ramenée à un an en appel.
